Lib gets a life!!

August 19, 2008

Hamlet by the RSC, Stratford-upon-Avon

To be, or not to be: that is the question:
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache and the thousand natural shocks
That flesh is heir to, ’tis a consummation
Devoutly to be wish’d. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream: ay, there’s the rub;
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause: there’s the respect
That makes calamity of so long life;
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor’s wrong, the proud man’s contumely,
The pangs of despised love, the law’s delay,
The insolence of office and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover’d country from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all;
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o’er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pith and moment
With this regard their currents turn awry,
And lose the name of action. – Soft you now!
The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
Be all my sins remember’d.
Acte III, scène 1

Nous avons tous des rêves, des buts, des espoirs plus ou moins réalisables. J’en ai plein. Visiter San Francisco. Vivre à Londres. Publier un roman. Apprendre à jouer de la guitare et à faire des claquettes. Voir une pièce de Shakespeare à Stratford. Voir David Tennant, mon acteur préféré, sur scène, parce que la télé, c’est bien gentil, mais à mon humble avis, ça n’égalera jamais l’expérience humaine de la scène.

J’ai eu la chance, cette été, de pouvoir voir David Tennant sur scène, avec la RSC, à Stratford-upon-Avon, dans le rôle d’Hamlet. Une des pièces de Shakespeare que j’ai le plus lues, mais que je n’avais pas encore pu voir sur scène. Assise au premier rang du Courtyard Theatre, qui est tellement bien fait que lorsqu’on est au premier rang, on a l’impression d’être assis sur la scène, plutôt que de se tordre le cou pour visualiser les genoux des acteurs, comme c’est le cas dans la plupart des théâtres. La fan de David Tennant était aux anges, et la passionnée de théâtre n’était pas en reste non plus.

Mon premier Hamlet live, donc. Je n’ai pas la prétention de le comparer à aucune autre production de la pièce – ce serait bien ridicule, puisque je n’ai pas d’autres références que les on-dits (même si je regretterai toujours de ne pas avoir vu les Hamlet de Simon Russell Beale, de Ralph Fiennes, de Stephen Dillane, de Kenneth Branagh… je vais tenter de voir celui de Jude Law en décembre – et je pousse le vice jusqu’à revoir celui de David Tennant lors du transfert de la pièce à Londres… on ne se refait pas). Mais cet Hamlet m’a enchantée, effrayée, amusée, émue, surprise… Un véritable feu d’artifice d’émotion, tels ceux qui embrasent Elsinore alors que Claudius est proclamée roi du Danemark. Trois bonnes heures de spectacles, pas une minute d’ennui.

L’Hamlet de David Tennant et de Greg Doran n’est pas le jeune homme romantique et rêveur que l’on imagine – même si cela fait un moment que l’on s’applique à démolir cette interprétation du personnage avec application. C’est un jeune homme encore plongé dans les affres de l’adolescence, toujours un peu puéril, qui singe le sénile Polonius avec des mimiques d’enfant gâté. Qui se prend au jeu de la pièce dans la pièce comme un gamin excité par la venue de ses amis pour son anniversaire. Il porte le costume de cérémonie aussi bien que le t-shirt usé et le jean de l’ado qui n’a pas fait sa lessive et qui n’a plus que ça à se mettre sur le dos. Ses chaussures, elles ne sont qu’un accessoire dont il peut aussi bien se passer, et Hamlet gambade pieds nus sur la scène pendant quasiment toute la première partie. L’enthousiasme juvénile de David Tennant sert cette vision d’Hamlet à ravir. Seul point noir, il en fait peut-être parfois un peu trop. Pour mieux marquer le contraste avec l’Hamlet sérieux de la seconde partie, celui qui se résout enfin à tuer Claudius, bien sûr. Mais on comprend l’idée, et l’aspect d’histrion du jeune prince est parfois un peu trop forcé, ce qui divertit le public, certes, mais nuit à la profondeur du personnage – il est intéressant de jouer sur les deux aspects d’Hamlet, la folie et l’action, il manque à Tennant une petite touche de subtilité pour élever son jeu à l’excellence – un détail qui, je l’espère, sera pris en compte pour le transfert à Londres, car je ne suis pas la seule à le penser, et nul doute que Doran prendra les critiques (celles des journaux anglais, bien sûr, pas la mienne !) en compte pour faire évoluer sa production.

David Tennant étant la première tête d’affiche de cette production, Patrick Stewart – alias Capitaine Picard, pour les Trekkies – n’est pas en reste. Un excellent Claudius – un des meilleurs, selon une source de goût sûr, et dont l’expérience en matière de théâtre dépasse plus que largement la mienne. Son crâne chauve, son regard malin, ses sourires charmeurs… on comprend comment il a pu séduire Gertrude et tout le Danemark avec elle, au point de leur faire gober sa fable sur le meurtre d’Hamlet père. J’avais l’impression de voir mon grand-père sur scène. Des traits de génie – l’oubli du nom de l’université où Hamlet étudie, comme si ce neveu n’avait pas plus d’importance qu’un insecte. Son émotion sincère devant la folie de la jeune Ophélie après la mort de Polonius. La fameuse scène de la pièce dans la pièce est, à cet égard, formidable : le spectateur qui accepte de détacher son regard du remuant Hamlet appréciera la subtilité du jeu de Stewart au moment où Claudius comprend qu’Hamlet sait sa félonie.

Certaines scènes m’ont plus marquée que d’autres, forcément. La célèbre confrontation entre Hamlet et sa mère, dans la chambre de cette dernière, m’a filé la chair de poule. Hamlet y laisse tomber le masque, celui du fou, pour redevenir le petit garçon malheureux, trahi par sa mère, qu’il est depuis le meurtre de son père. Doran ne joue pas la carte de la relation presque incestueuse qui a longtemps été à la mode pour insister sur le désespoir de la mère et du fils. La chair de poule, je vous dis.

La chair de poule pendant la scène du duel, également, mais pour d’autres raisons. Duel à l’épée, comme il se doit, deux acteurs, Tennant et Edward Bennett – très séduisant Laertes, bouleversant lors de l’enterrement d’Ophélie, mais encore meilleur, à mon avis, lorsqu’il apprend la mort de sa soeur. Au bord des larmes, juste ce qu’il faut, pour laisser le texte parler. Le duel, donc, deux rivaux costumés comme des escrimeurs. Le piège se resserre autour d’Hamlet, menacé par l’épée non boutonnée et empoisonnée de Laertes, par le verre de poison préparé par Claudius, au cas où. La scène est digne d’une scène de cape et d’épée dans un film de Michael Curtiz. Les meubles volent, les comédiens tombent, se relèvent, se courent après. Au premier rang, je me faisais toute petite – l’illusion est telle qu’on a l’impression qu’on va se prendre une épée ou un acteur en pleine figure. Ce qui est le signe d’une scène de duel réussie. Et puis la mort d’Hamlet, sans fard, sans effets de manche. Juste comme il faut (et si je tenais les imbéciles qui ont osé RIGOLER au dernier souffle d’Hamlet… pas compris).

Tant de choses à dire… Ophélie, si touchante de fragilité, magnifique dans sa folie avec ses genoux écorchés et les fleurs qui tombent de ses bras pour joncher la scène, comme pour signifier tout ce qu’elle a perdu – l’amour d’Hamlet, son père. Un Polonius à la fois drôle et mesquin, légèrement sénile, manipulateur et distrait, brillamment interprété par Oliver Ford Davies. Une production dynamique et enlevée, qui ne manque que d’un peu plus de profondeur. Espérons qu’elle la trouvera, avec le temps. Mon premier Hamlet ne m’a pas déçue, loin de là. Les Britanniques savent décidément rendre justice à leur Barde.

Hamlet, Royal Shakespeare Company

Mis en scène par Greg Doran

Hamlet : David Tennant
Claudius / le Spectre : Patrick Stewart
Gertrude : Penny Downie
Ophélie : Mariah Gale
Laertes : Edward Bennett
Horatio : Peter de Jersey
Polonius : Oliver Ford Davies
Rosencrantz : Sam Alexander
Guildenstern : Tom Davey

Pour plus de renseignements sur la productionn voir le site de la RSC dans la rubrique des liens associés.

June 9, 2008

Stephen Moffat rules!!

All right, so I’m a big Doctor Who fan – the new series, I confess David Tennant’s looks have a lot to do with it. But I’ll not deny it! (I’m seeing him in Hamlet next summer in Stratford, I’ll keep you updated!). Be careful before you read on though, there are going to be spoilers here…

So far, there have been four series (fourth one is aired on BBC at the moment) and, in my humble opinion, Stephen Moffat’s have been the best episodes we’ve seen. Six episodes, all in all, including two two-parters:

– series 1: The Empty Child + The Doctor Dances. The Doctor and Rose travel ton London during the Blitz, save the world from turning into one frightened hurt child, and meet Captain Jack Harkness on the way, who is to be a recurrent (and don’t we love him!!) character.

– series 2: The Girl in the Fireplace. THE episode who made me fall in love with David Tennant – and hooked on the show. The Doctor and Rose travel 3000 years in the future and open time windows onto pre-revolutionary France. They meet Madame de Pompadour who, but who will blame her, falls head over heels for the Doctor. Who cares about Louis XV when you have a Doctor in your fireplace??

– series 3: Blink, a ‘Doctor lite’ episode, where you see a little bit less of the Doctor. But the episode is so beautifully written that it is the best of series. Don’t blink!!

– series 4: Silence in the Library + Forest of the Dead. The Doctor and Donna Noble walk into an empty library where shadows eat people and where the Doctor encounters a stranger from his future. Who knows much more about him than he thinks anyone has ever had.

What I’d like to do with you in this review is to try and see all the recurrent themes and patterns that are at work in Stephen Moffat’s Doctor Who universe – and it’s not all about bananas. Not in a posh, academic way, no. Just for fun, because we all like the Doctor and it’s nice to link different series to one another and to stay with the Doctor at his best, for a little bit longer…

First of all, what struck me was the childhood theme. Obviously, because these episodes are filled with kids. But also because they appeal to the children we once were – or still has, since Doctor Who appeals to a young audience as well. Actually, it is designed for young viewers, but we’re still children at heart, aren’t we? The first episode Stephen Moffat wrote is called The Empty Child. And it’s about a frightened boy who’s lost his mummy – and he would destroy the world to get her back. Haven’t we all wanted our mummies so badly we thought we could tear down brickwalls to get them? And it turns out the boy’s mummy, Nancy, is still, in a way, just a child herself, lost in the Blitz, trying to save other starving children in order to make up to her lost son.

Then, The Girl in the Fireplace starts with the Doctor meeting a little girl who’s looking for a friend in her fireplace because the monsters under her bed are terrifying her. I’ll skip Blink for the moment, but fear not, I’ll come back to it in a minute.

Silence in the Library and Forest of the Dead have got a little girl as a key to the plot. CAL is not only an imaginative little girl, we understand that quite quickly, and when it all makes sense, the conclusion is quite endearing: the knowledge of the world is all contained in her mind. Isn’t it a beautiful idea? There are another couple of children in Forest of the Dead – Donna’s fictional kids. I don’t know about you, but the scene where she blinks and they’ve gone just broke my heart. Maybe they were fictional, but still, she loved them as her own. In a way, it is comforting to find out that, thanks to the Doctor, River Song is able to go back to this saved world so she can take care of this fictional children – they may are not true, they still need a mummy, after all. The connection to the first episodes becomes quite clear.

There is another way to relate these episodes to childhood, and that’s the fear they made us experience. Well, true, this fear is Doctor Who’s trademark, this fear that made kids hide behind the couch when the Daleks came on screen, back in the seventies. Thing is, nowadays, children have grown tougher – and harder to impress. Instead of going over the top – the way Russell T. Davies is trying to scare us with Daleks and Cybermen… ok, they’re monsters, but we got the hang of it now, and I’m not sure pepper mills on wheels are as scary now as they were back then. But maybe I’m wrong… and this is not the point anyway. The point is, Stephen Moffat wakes up primal fears in us. The fear to lose your mum. The fear of monsters under your bed. The fear of inanimated things that come to life when you don’t look at them to spring at your neck. The dear of the shadows… it’s all so familiar, to anyone. Who needs Daleks or Cybermen to shit their pants? Invisible shadows will do just as well.

Let’s focus on the Doctor now. He’s always all right, he tells Rose and Donna after losing Reinette and River Song. Well, of course he’s not, he doesn’t fool them – or us. He loses two women he’d grown to like a lot in a very short space of time. Two women who knew much more about him than than his companions. Reinette walks into his mind as he’s reading hers, she digs up the lonely little boy under all the Time Lord bravado. River Song… River Song knows so much about him we don’t even know who she will turn out to be. She knows his name, for Christ’s sake! So who is she gonna be? His next assistant? Too predictable. His wife? Really far-fetched… or is it? We can speculate away… thing is, River Song is a very important woman in the Doctor’s life. And this encounter adds another layer to the Doctor’s character, it puts him through another ordeal… and promises him that there are more to come. Children are important to Stephen Moffat. So are women. And that’s great.

And there are all the tiny details that come back, to our great enjoyment… the bananas lines are legend.

The Doctor: Sonic blaster, 51st Century- Weapon factories at Villengard?
Capt. Jack Harkness: Yeah. You’ve been to the factories?
The Doctor: Once.
Jack: They’re gone now, destroyed. Main reactor went critical. Vaporised the lot.
The Doctor: Like I said, once. There’s a banana grove there now. I like bananas. Bananas are good.

That’s from The Doctor Dances. And look up the script from The Girl in the Fireplace…

[The Doctor stumbles in; tie tied around his head, wearing sunglasses, and carrying a glass of wine]
The Doctor: [singing] I could’ve spread my wings and done a thou… [breaks off] Have you met the French? My God, they know how to party!
Rose: [disgusted] Oh, look at what the cat dragged in: “The Oncoming Storm.”
The Doctor: You sound just like your mother.
Rose: What have you been doing? Where have you been?!
The Doctor: Well, among other things, I think I just invented the Banana Daquiri a couple of centuries early. Did you know they’ve never even seen a banana before? Always take a banana to a party, Rose. Bananas are good.
He’s not the same Doctor, but he still has the same references… and notice that the sonic blaster Jack shows off in the first excerpt makes a come-back in Silence in the Library… in River Song’s hands.
And to finish with… maybe we could talk about unrequited love. Reinette’s for the Doctor. Louis XV’s for Reinette. Lawrence Nightingale’s for Sally Sparrow. Rose’s for the Doctor – and the way she tries and finds comfort indulging in Jack’s harmless flirting. A little boy’s for his mummy that’s running away from him. River Song’s for the Doctor – or is that more complicated than that… Moffat’s episodes are thrilling. They are beautifully written. The are a pleasure to watch and watch again. But most of all – and maybe
that is the reason why they are all working so well – they are about human feelings, human passions – all these reasons to live, all these reasons to keep on going that make us all human. Even the Doctor, all Time Lord that he is.
Now, if you indulge me, I’d like to finish with a few of my favourite clips from these episodes…
Are you my mummy?
Thick Thickety…
Blink, and you’re dead!!
Opening Scene from Silence in the Library

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